De chez toi l’Allemagne à chez nous, la planetMICE… Parole à Laure Tanguy, MR Congress

Quelle est la situation sanitaire dans votre pays ?
« Si l’on compare la situation par rapport à celle de la France ou de l’Espagne, je dirais que la situation est relativement « sous contrôle ». Outre les mesures de confinement, deux facteurs peuvent expliquer la gestion allemande de cette crise sanitaire : dès le début de l’épidémie, l’Allemagne a procédé à des dépistages massifs afin d’isoler les cas avérés d’infection au covid 19 et parallèlement à cette campagne de dépistage, l’État allemand a pu s’appuyer sur son système fédéral des centres de santé. Le personnel de ces centres joue le rôle de « sentinelles de l’endiguement » et s’en réfèrent à l’Institut Robert Koch qui est l’organisme centralisateur des données au niveau national. L’objectif du gouvernement et des différents Länder est de surveiller les chaînes d’infection. Si l’Allemagne dispose d’une grande capacité en réanimation en nombre de lits, la Chancelière reste cependant sur ses gardes et le gouvernement prudent ».

Comme DMC, comment gérez-vous cette période ?
« Les premières semaines ont été intenses comme pour toutes les DMC dans la gestion des annulations et les reports d’évènements puis une véritable décélération en total opposition avec notre mode de fonctionnement habituel. Nous avons cependant continué à faire des offres et à signer des contrats. Comme de nombreuses entreprises, soutenus par les mesures gouvernementales, nous avons fait le choix du « kurzarbeit », l’activité partielle des salariés ».

Comment voyez-vous la sortie de crise ? 
« Nous sommes réalistes, cette sortie de crise sera longue. Cependant, moi qui m’occupe de la clientèle française, je pense que la destination Allemagne restera attractive de par les liens économiques qui unissent la France et l’Allemagne. Les dirigeants ont certes besoin de moyens financiers pour organiser leurs évènements, mais ils ont aussi et surtout besoin de confiance et à mon sens, la gestion prudente de cette crise sanitaire par l’Allemagne pourrait être favorable à la destination. Tout est au conditionnel bien entendu car il est difficile de faire des hypothèses dans cette situation sans précédent ».

Pensez-vous que cela change de façon durable le monde du MICE ? 
« Il est encore trop tôt pour le dire, nous n’avons pas assez de recul. A court terme, le recours aux outils digitaux, « réunions virtuelles », etc. seront sans doute privilégiés mais je pense que sur le long terme, il y aura un besoin de rencontres physiques. De plus, aujourd’hui, même si une entreprise n’est pas positionnée à l’international, elle se doit d’être ouverte, d’être à l’écoute, c’est la raison pour laquelle les « learning experiences » ont autant de succès. Depuis quelques années, j’observe, j’analyse les demandes et le contenu des séjours MICE évolue. Au lieu de se positionner uniquement en tant que partenaire logistique, nous nous sommes engagés dans une démarche d’accompagnement en amont sur le contenu. A mon sens, c’est toute la force des DMC : être capable de jouer ce rôle de conseil.

Cette période de Coronavirus aura sans aucun doute changé le rapport au temps pour un certain nombre d’entre nous et si je pouvais faire un vœu « d’après Coronavirus » ce serait de se souvenir de cette période de « temps suspendu » pour en laisser et en donner aux DMC dans l’élaboration de leurs programmes. Les annonceurs, les agences, les réceptifs et les prestataires en tireraient les bénéfices sur le long terme… »

À quoi ressemble la vie à Berlin ? 
« Les soirées festives qui ont fait la renommée de la ville sont en standby, il est possible de sortir sans attestation, les librairies restent ouvertes, les berlinois s’accommodent plus ou moins de cette situation en respectant la distance d’1m50 entre chaque personne ».