De chez toi l’Asie à chez nous la planetMICE… parole à Edouard George, Phoenix Voyages

Quelle est la situation sanitaire dans votre pays ?
« Nous couvrons plusieurs pays et la situation est diverse. La Corée du Sud a été très touchée mais a pris des mesures radicales, le Vietnam a peu de cas avérés et a pris très tôt des mesures de fermeture de frontières (fin janvier), le Cambodge, le Laos et le Myanmar sont peu touchés aussi avec quelques centaines de cas et la Thaïlande gère quelques milliers de cas. Tous les pays ont pris des décisions de confinement ou semi confinement et le trafic international est quasi nul au jour d’aujourd’hui ».

Comme DMC, comment gérez-vous cette période ?
« Après la phase d’évacuation et de gestion de crise des clients sur place et la phase d’annulations en masse avec repositionnement des dossiers à date ultérieure, nous sommes maintenant dans une phase de restructuration de l’entreprise en essayant de sauver les emplois le plus possible car dans nos pays il n’y a hélas pas d’assistance de l’état (des états) et nous sommes moralement obligés de protéger nos employés et préserver leurs familles. Si la situation dure moins de 6 mois, nous avons assez de réserve mais après ……ça sera une hécatombe et je pense franchement que la faim, le chômage et les risques de pillages feront plus de victimes que l’épidémie elle-même si cela ne redémarre pas ».

Comment voyez-vous la sortie de crise ?
« Il faut être réaliste et l’année 2020 est, à mon avis, « foutue » …avec l’espoir que notre haute saison qui commence en Novembre nous apporte un peu d’affaires sur les 2 derniers mois de l’année. La remise en route va être longue en particulier pour l’aérien car rependre des vols demande énormément de contrôles et de soin, les avions s’abimant énormément lorsqu’ils ne volent pas. Il y a aussi les nouvelles règles qui vont être mises en place par les états et certains prestataires et qui vont encore plus compliquer les voyages. Sécurité anti-terroriste, sécurité sanitaire, la vie des passagers ne va pas être simple et risque de décourager les gens à voyager à nouveau ».

Pensez-vous que cela change de façon durable le monde du MICE ?
« Le plus gros risque à mon avis est que les sociétés ne prennent plus le risque de faire voyager leurs équipes et compensent par d’autres moyens … mais les périodes de confinement auront peut-être créer une soif de voyages … qui sait … De toute façon, il faut s’attendre à une modification des comportements et surtout à une perte de liberté individuelle imposée ou auto-imposée et cela va créer des remous dans le monde du tourisme ».

À quoi ressemble la vie dans votre pays ?
« À Saigon, le confinement est de mise, les rues sont vides des milliers de scooters habituels, le port du masque est obligatoire et … on continue à manger des nems eheheheh ».