De chez toi l’Écosse à chez nous la Planet MICE … Parole à Richard Servranckx – Inspired by Scotland

Quelle est la situation sanitaire dans votre pays ?
« L’Ecosse a su réagir assez vite au début de la crise à cause de/grâce à la situation chez nos voisins Français et Italiens. Les Ecossais se sont individuellement projetés et ont su mettre en place des règles de confinement et de travail à la maison avant même que le gouvernement Anglais ne prenne leur responsabilité. Cela nous a permis de nous organiser efficacement et solidairement avant le début du confinement. Pour vous donner un exemple précis, le château d’Edimbourg a fermé ses portes seulement 1 semaine après le début du confinement en France soit 1 semaine avant le confinement officiel Ecossais.
La faible concentration de notre population a aussi limité la propagation du virus avec de nombreuses régions qui ne sont que très peu ou pas touchées ».

Comme DMC, comment gérez-vous cette période ?
« La situation initiale était très stressante au vu du peu (voire aucune) aide mise en place par le gouvernement pour soutenir les entreprises. Ils ont su s’adapter et agir rapidement en mettant en place des aides financières nous permettant ainsi de diminuer nos couts fixes, notamment les salaires, tout en gardant nos employés. Bien entendu que nous devions réfléchir à court terme et notamment trésorerie afin de pouvoir passer la crise mais nous nous devions aussi de garder une vision moyen/long terme afin de pouvoir redémarrer efficacement lorsque tout cela sera derrière nous. La gestion de notre trésorerie sur les 6/12 prochains mois va être clé pour notre survie et la possibilité de rebondir efficacement en septembre.

Afin de sortir grandi de cette période, nous devons considérer nos deux points de contact essentiels à la vie d’un DMC : nos clients et nos partenaires locaux. Pour cela, avant même le confinement, nous avons pris contact avec l’ensemble de nos clients afin de réfléchir intelligemment et calmement aux différentes possibilités pour les projets en cours. L’objectif principal était bien entendu de limiter les annulations et mettre tout en place pour garder le projet en Ecosse afin de soutenir l’ensemble de nos partenaires. Les bonnes relations ainsi que la solidarité avec nos partenaires locaux nous permettent aussi d’accompagner, d’apporter des solutions et des conditions très favorables à nos clients afin de faciliter les reports sur 2020 mais aussi 2021.

A l’heure actuelle, 80% de nos dossiers sont maintenant reportés sur des dates ultérieures et nous sommes chanceux d’avoir pu lisser nos reports entre septembre 2020 et juin 2021 permettant ainsi de limiter un agenda trop plein sur le 3eme/4eme semestre de 2020 mais aussi remplir notre agenda 2021 qui sera surement une année calme et peu propice aux voyages MICE, malheureusement.

Pour finir, nous profitons de cette période pour brainstormer sur de nouvelles créations maisons et retravailler nos idées de programme car nous le savons maintenant, le tourisme et le MICE vont évoluer et nous devrons être dans le coup et préparé ».

Comment voyez-vous la sortie de crise ?
« Il y a tellement d’incertitudes que nous ne pouvons pas encore avoir un avis tranché sur cette question.

Cependant, nous avons la chance d’avoir pu reporter la majorité de nos projets et notamment certains sur 2021. Cela ne nous permettra pas de voir jusque 2022 mais voyons le positif, notre calendrier 2021 est maintenant plus rempli grâce au Coronavirus.

Pour le moment, tout porte à croire que les projets MICE et voyages individuels se feront majoritairement localement afin de soutenir une croissance nouvelle et limiter les déplacements notamment par avion.

Etant dépendant a 90% du marché français, nous nous devrons de travailler main dans la main avec nos partenaires agences françaises dans le but de mettre en avant la destination et pouvoir se différencier encore plus des pays frontaliers à la France. L’Ecosse a de nombreux atouts après une telle crise : possibilité de s’y rendre en train, des grands espaces qui seront essentiels après un confinement si long, de nombreux petits hôtels de charme pour les projets incentive… tout cela favorisant la distanciation sociale ! Pourquoi aller chercher le dépaysement au bout du monde quand vous avez l’Ecosse à moins de deux heures de chez vous ?

Depuis la nouvelle allocution du président Macron le 13 avril, il est clair que la sortie crise n’est à prévoir qu’à partir de Septembre en espérant que les entreprises soient prêtes à réinvestir dans le voyage, que les compagnies aériennes aient maintenu leurs routes… Mais il est certain qu’après des mois de télétravail, les entreprises devront et voudront recréer du lien : à nous tous, acteurs du secteur évènementiel, d’accompagner les annonceurs afin de leur montrer que les voyages/les évènements sont la solution pour le faire efficacement ».

Pensez-vous que cela change de façon durable le monde du MICE ?
« Oui et je dirais même qu’il est essentiel que nous changions nos habitudes. Nous avons ici une fabuleuse opportunité de reconstruire notre modèle, ne passons pas à côté.

La chute de Thomas Cook et maintenant le Coronavirus nous pousse à changer notre système et le tourisme de masse va être remplacé par du tourisme plus durable, plus locale, plus expérimental…

Le MICE sera le premier demandeur de cette vision encore plus « sur mesure » et de « création/expérience » qui est selon nous le futur de notre métier !

La DMC devra aller en profondeur des évènements pour que la destination soit, au-delà de son attrait simplement touristique, créatrice de contenu ou de sens pour le client final.

En tant qu’expert de l’Ecosse, nous nous devrons de mettre encore plus en avant notre héritage, notre patrimoine et ce à travers la rencontre, l’échange et le soutien aux artisans locaux ! Nous profitons aussi de cette période plus calme pour développer nos partenariats avec des entreprises locales afin de proposer plus de learning expéditions, de rencontres entreprises, l’étude de nouveaux marchés…

Une vision plus écologique du MICE avec des voyages plus court, moins loin et favorisant des transports moins polluant devra aussi faire partie de notre quotidien et nous nous engageons dès maintenant à l’inclure dans nos futures propositions. Nous avons travaillé sur des programmes « zero carbone » qui permettent de découvrir notre destination de manière plus responsable.

Sur une partie plus Conference/Meeting/Events, les gestes barrières et la distanciation sociale font et feront partie intégrante des projets futurs. Nous allons devoir, tous ensemble, se réinventer pour faire face et reconstruire une nouvelle ère de notre secteur !

Pour résumer, nous nous devons de prendre cette crise comme une opportunité d’amélioration et tous les acteurs actuels peuvent et doivent en faire partie ».

A quoi ressemble la vie à Edimbourg ?
« Edimbourg est de base une capitale au rythme calme. Ce sentiment s’est encore accentué ces dernières semaines. Les mouettes avec leurs cris assourdissants sont arrivées avec le printemps et ont pris possession de la ville.

Ce qui me frappe le plus est encore une fois la solidarité et l’inventivité des Ecossais. Le nombre d’initiatives d’entraide se multiplie. Livraison de courses, prêts de matériel, soutien au personnel soignant et à l’économie locale et de quartier …

Rien que chez nous, deux membres de notre équipe se sont investis pour la communauté. L’une dans la préparation de repas pour des personnes défavorisées, l’autre dans la création d’un mouvement de soutien à l’artisanat local ».