De chez toi les Pays-Bas à chez nous la planetMICE… Parole à Colombe Ivernel et Clarisse Turcaud, oranJe DMC

Quelle est la situation sanitaire dans votre pays ?
Clarisse & Colombe : Le confinement et l’approche du virus n’ont pas été vécu aux Pays-Bas comme dans de nombreux pays d’Europe. Effectivement, les Pays-Bas ont joué la carte de l’immunité collective, ce qui veux dire que nous étions libres de nos déplacements mais avec une distanciation sociale de 1m50.

Les chiffres de contamination ont donc explosé au sud de la Hollande au tout début du mois de mars, pour se stabiliser les semaines suivantes. Le système de santé indique n’avoir jamais manqué de lit en réanimation, cependant le pays n’est toujours pas apte à tester tout le monde, et privilégie les personnes travaillant dans le secteur de la santé.

Sur le plan des règles, aujourd’hui le gouvernement autorise des regroupements de 10 personnes maximum avec toujours cette distance sociale, le port du masque n’est pas obligatoire, et les commerces ont ré-ouverts.

La restauration continue son service en take-away et les terrasses ouvriront seulement le 1er juin avec des mesures de sécurité strictes. D’après certaines informations, les restaurants seront limités cet été à un maximum de 30 PAX en comptant le staff.

Tous les gros évènements, et rassemblements sont annulés jusqu’au 1er septembre, et si seulement si les règles sont respectées la reprise des évènements, et l’activité dans les clubs et salles de sport pourra se faire.

Comme DMC, comment gérez-vous cette période ? 
Clarisse & Colombe : Jusqu’à présent, au jour le jour, et en nous adaptant aux règles gouvernementales. Bien sûr de nombreuses annulations de groupes ont ralenti considérablement notre activité. Nous essayons d’anticiper le futur et nous réfléchissons à de nouvelles approches pour nous adapter aux changements dus à cette crise.

Nous prévoyons d’élargir notre offre en proposant par exemple des programmes plus exclusifs plus adaptés aux petits groupes et répondant aux exigences sanitaires que la crise nous impose.

Nous profitons de ce temps pour renforcer notre connaissance des Pays-Bas.

Nous avons optimisé nos supports marketing, mis à jour notre site internet, recherché et repéré de potentiels nouveaux lieux/hôtels et activités sur la Hollande, créée de nouvelles activités plus éco responsables, nous avons également communiqué et échangé avec nos prestataires les plus proches sur cette situation et comment ils la géraient via visioconférence.

Comment voyez-vous la sortie de crise ?
Clarisse : Pour la fin de l’année 2020, je suppose que quelques petits groupes français venant de Paris et du Nord de la France utiliseront le Thalys et non l’aérien. Les prix des hôtels seront jusqu’à la fin d’année plus accessibles, et devront également s’adapter aux nouvelles règles strictes de distanciation sociale. De plus jusqu’à février 2021, j’imagine que les groupes ne seront pas plus grand que 50 PAX pour limiter la propagation du virus.

En fin d’année nous espérons que les grosses entreprises, commenceront à penser au MICE pour remercier leurs clients, et saluer le courage et le travail fourni par leurs employés en télétravail durant ces derniers mois afin de recréer une cohésion de groupe et l’union entre les collaborateurs.

Colombe : Nous devons nous adapter aux nouvelles réglementations sanitaires donc travailler main dans la main avec les différents prestataires. Il est important de rassurer nos clients sur le fait que les voyages aux Pays-Bas restent possibles et sans risque.

De plus, Amsterdam reste facilement accessible par Thalys depuis Paris ou Bruxelles et a su se préserver pendant la crise. Ce qui devrait permettre une reprise rapide de l’économie. 

Pensez-vous que cela change de façon durable le monde du MICE ?
Clarisse : Je pense que le monde du MICE va effectivement connaître des changements durant ces 2 prochaines années post covid, surtout pour les congrès. Amsterdam possède le plus gros centre de Congrès d’Europe, (Rai), et effectivement ces espaces volumineux ont re-planifé ou ont basculé vers la digitalisation de leurs évènements.

De plus les principaux groupes français ont déjà informé leurs employés que les nombres de voyages seront limités voire inexistants ces prochains mois, voire année, ce qui va forcément impacter notre industrie. Cependant je pense que d’ici 2 ans, le MICE reviendra plus fort que jamais, comme l’indique Colombe. Nous ne pouvons pas remplacer l’interaction sociale, le bonheur, et la motivation qu’apportent le MICE. Amsterdam est un pôle de rencontres et d’évènements en raison de sa proximité avec les grandes villes européennes et également grâce à ses connexions aéroportuaires, et cette position est renforcée depuis le Brexit.

Colombe : Cela aura un impact certain les prochains mois, mais nous croyons en l’importance des voyages d’entreprises, réunions, séminaires au cours desquels se réunissent des employés du monde entier au bénéfice de l’entreprise. Ces voyages restent des moments de partages et de détente appréciés par les employés et un élément fédérateur important pour les entreprises.

Le digital ne peut pas remplacer indéfiniment l’interaction humaine comme nous l’a prouvé le confinement. Les relations sociales sont cruciales tant au niveau personnel que professionnel.

À quoi ressemble la vie aux Pays-Bas ? 
Clarisse : La vie au Pays-Bas aujourd’hui est très calme, paisible et ensoleillée. Les personnes sont respectueuses, souriantes, positives et suivent depuis le début cette distance sociale. Ce calme est surtout dû à l’absence de touristes dans la ville.

Cependant la ville est toujours animée par ses marchés et ses parcs bondés qui sont aujourd’hui la seule alternative aux terrasses.

Concernant l’aspect professionnel, le télétravail était très commun ici aux Pays-Bas. Et le gouvernement incite toujours sa pratique. Pour ce qui est de nos relations sociales, nous avons la possibilité depuis le début du confinement de nous déplacer librement et de voir nos amis et familles. Chacun est pressé de se rassembler dans les restaurants et bars, qui rouvriront progressivement à partir du 1er juin, et un retour à la normale est annoncé pour le 1er septembre 2020.

Colombe : La vie continue et le printemps est là. Les citoyens sont responsables et adoptent les gestes barrières tout en préservant une interaction sociale. Les gens sont souriants et positifs. La vie ne s’est pas arrêtée et dans beaucoup de secteurs, l’activité économique bas son plein.

Nous sentons que le redémarrage progressif est en cours (les terrasses ré-ouvrent le 1er juin et le retour au bureau est autorisé).